Economie - Editoriaux - Industrie - 18 février 2018

Après un premier avertissement, le krach financier à venir ne perd rien pour attendre

Le CAC 40 est revenu à 5.281, le rendement des bons du Trésor américain n’a pas franchi le seuil des 3 %, celui des emprunts français de même durée est retombé sous 1 % et retour au calme sur les marchés obligataires. Selon Christine Lagarde, directrice générale du FMI, les actions ont connu une correction, mais les fondamentaux de l’économie ne sont pas remis en question. Elle se déclare, cependant, soucieuse de la dette des entreprises et des entreprises zombies en Chine, suite à un financement laxiste.

Jean-Pierre Robin, dans Le Figaro, lui, reste préoccupé par un nouveau climat d’incertitudes après l’euphorie de 2017 et se demande si Macron ne sera pas frappé par la malédiction de l’an II pour les présidents de la République, une loi non écrite de la Ve République. Les raisons invoquées : les finances publiques dénoncées par la Cour des comptes avec l’endettement considérable des ménages et des entreprises, une main-d’œuvre mal formée et la sempiternelle grogne française. On aurait pu ajouter le demi-million d’emplois perdus dans l’industrie ainsi que les 27.300 entreprises industrielles disparues en dix ans.

Pour la première fois, le Vix (Volatility Index), l’indice de la peur, l’indice de la volatilité du marché financier américain calculé par le Chicago Board Options Exchange, a plus que doublé et dépassé les 50 points, le 5 février 2018. Or, depuis 1999, il a dépassé 40 à seulement cinq reprises, chaque fois pour des krachs très importants en 1998, 2001, 2002 et 2008 (crise des subprimes). De plus, contrairement aux affirmations de madame Lagarde, les fondamentaux ne sont pas bons du tout. Nous entrons, en fait, dans la phase finale d’une euphorie maniaque. D’ici dix-huit mois au plus tard, l’euphorie se transformera en larmes et en catastrophe.

Aux États-Unis, le déficit public est en train d’exploser suite à la réforme fiscale de Trump et son désir d’augmenter les dépenses d’infrastructures du pays. Comme les crédits immobiliers en 2008, les crédits à la consommation ont été titrisés et atteignent le chiffre exponentiel de 3.840 milliards de dollars. Même phénomène pour les prêts sur véhicules automobiles titrisés pour un montant de 1.114 milliards de dollars, tandis que la dette étudiante en partie insolvable est de 1.490 milliards de dollars et que les crédits dits « revolving » aux consommateurs s’élèvent à 1.000 milliards de dollars. La croissance aux États-Unis n’est pas durable car elle est malsaine et repose sur une montagne de dettes.

Le krach pourrait aussi venir d’Italie, avec sa dette publique de 132 % du PIB et ses banques avec 350 milliards de créances douteuses à l’actif. La Deutsche Bank, même recapitalisée par les fonds d’investissements en provenance du Golfe, pourrait aussi connaître la faillite gigantesque du Kreditanstalt à Vienne en 1931, deux ans après la chute de Wall Street en 1929.

Le Nikkei, l’indice des actions japonaises qui avait dépassé 39.000 en 1989, est toujours, 29 ans plus tard, à 40 % en dessous de ce niveau, à 23.291, après être passé par un minimum de 10.000 en 2008, malgré une impression monétaire folle, une dette supérieure à un million de milliards de yens et des taux d’intérêt à zéro ou négatifs.

Quant au pétrole, si le prix devait à nouveau grimper à 100 dollars le baril, ce ne serait pas bon pour l’inflation, et s’il devait retomber de 60 à moins de 30 dollars en raison des exploitations d’huile et de gaz de schiste qui ont abaissé considérablement le niveau de seuil de leur rentabilité aux États-Unis, cela pourrait conduire à une explosion sociale en Arabie saoudite, avec des conséquences catastrophiques pour le pétrodollar.

L’or monte légèrement et ne s’effondre pas, malgré la montée à venir des taux. L’état du monde est donc très confus et pire que celui de 1929 avec ses nombreuses interconnexions bancaires. L’incertitude du remboursement d’un hyper-endettement augmente. La reprise de l’inflation, une augmentation des taux d’intérêt, une révision à la baisse des perspectives de croissance guettent avec, à la clé, un double krach obligataire et des actions.

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