Discours - Editoriaux - Education - Justice - Musique - 8 avril 2018

Chanson black, blanc, beur : à pleurer pour notre France…

En matière de timing, on avait déjà 120 battements par minute. Maintenant, on a « 180 secondes pour les droits de l’homme », un concours organisé par le Mémorial de Caen (Calvados) à destination des collégiens de 4e et 3e, remporté cette année, entre autres, par des élèves du collège Henri-Dunant, à Meaux (Seine-et-Marne), avec une chanson dont le titre, « Black, blanc, beur », avait quelques trains de retard, ce slogan trompeur renvoyant plus volontiers à la victoire des Bleus lors de la Coupe du monde de football de 1998.

Les lauréats de ce concours démagogique à souhait ont donc séduit « un jury composé d’enseignants et du monde médiatique [sur] plus de 140 collégiens et près de 8.000 élèves [qui] ont participé au projet, [et] quinze équipes finalistes d’élèves de 4e et quinze équipes d’élèves de 3e » (actu.fr).

En ce qui concerne les sujets, on avait l’embarras du choix, certifié bien-pensant, évidemment : « XXIe siècle, le marché aux esclaves ; la peine de mort ; le harcèlement de rue ; le glyphosate : un scandale ! ; ou encore Mariage pour tous et au-delà » (op. cit.), à raconter sous forme de poésie, musique, mime, etc.

Après avoir écouté le morceau de bravoure, plein de contre-vérités, des champions – Livann Martiny et Cheick Mohammed Sylla –, je n’ose imaginer ce qu’était le reste, à moins, bien entendu, que ledit jury ait été idéologiquement orienté pour départager les concurrents – ce qui est assez fréquent.

Car la chanson de rap en question – du bal musette, ça ne le faisait pas ! –, interprétée par des blacks ni blancs ni beurs, est nulle et n’évoque rien d’autre que le vide éducatif ambiant, en plus des revendications d’une certaine diversité qui, à défaut de faire son examen de conscience, fustige ceux pour qui « l’esclavage c’est toujours pas fini dans leur tête », c’est-à-dire les « cisteras » (restitution phonétique de « raciste » en verlan) qui votent « FN », « ne veulent rien savoir » et « critiquent que les noirs ». Alors que « malgré les différences on est tous pareils ».

Le pire, c’est que les « cisteras » ne se « rendent pas compte qu’ils respectent pas la loi » parce qu’« Égalité c’est la devise ». Donc, « il faut crier justice et la police fraternise », rien que ça ! Mieux : « les blacks d’aujourd’hui font le monde demain ». C’est beau comme un discours de Jaurès devant la Chambre ! Enfin, presque.

Le camp du bien avait autrefois des plumes et des voix dignes de ce nom pour vanter ses idées. Je pense notamment à Marc Ogeret chantant Louis Aragon. Désormais, si, comme le dit la chanson, ces rappeurs sont le monde de demain, nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer.

Quant à moi, je préfère murmurer, dans le silence de mon abattement face à l’ampleur du désastre incarné par ces têtes de vainqueurs, quelques vers de Chateaubriand : « Combien j’ai douce souvenance / Du joli lieu de ma naissance ! / Ma sœur, qu’ils étaient beaux les jours / De France ! » (Souvenir du pays de France – Romance).

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