Editoriaux - Politique - 25 avril 2018

Le chômage connaît-il vraiment une embellie ?

Désormais, les statistiques du chômage tombent trimestriellement, ce qui est révélateur d’une tendance de fond et permet de se faire une meilleure idée du nombre de sans-emploi, car celui-ci fluctue fortement d’un mois sur l’autre, au point d’être sans signification sur trente jours.

Sur le premier trimestre 2018, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a diminué de 1 % en France métropolitaine (33.000 chômeurs en moins). Il s’agit des personnes sans aucune activité tenues d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi et qui sont à la recherche d’un poste (en CDI ou en CDD, à temps plein, partiel, temporaire ou saisonnier).

Mais le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie B (personnes ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois et tenues d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi) a bondi de 1,8 %, tandis que le nombre de ceux qui sont en catégorie C (personnes ayant exercé une activité de plus de 78 heures par mois et tenues d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi) augmente, lui, de 1,4 %.

Quant aux chômeurs de longue durée, leur nombre augmente de 1,9 % sur trois mois et de 6,5 % sur un an. C’est catastrophique !

Le gouvernement n’a donc aucune raison de pavoiser. Si la croissance reste plus soutenue que d’ordinaire (elle sera, au minimum, de 1,6 % et, au final, probablement proche de 2 % en 2018), si 130.000 emplois seront créés, ils seront insuffisants pour faire refluer le chômage, car la population active augmentera mécaniquement de 100.000 à 120.000 personnes, en 2018, absorbant la plus grande partie des nouveaux emplois.

La dégradation des catégories B et C montre, en outre, que les emplois proposés sont plus souvent précaires et d’une durée limitée que des CDI. Par ailleurs, de plus en plus de Français s’enkystent dans un chômage de longue durée et semblent parfois inemployables. La France périphérique s’enfonce dans le désespoir et l’inactivité. Nous sommes loin de la situation de l’Allemagne et de l’Angleterre, où le taux de chômage est inférieur à 5 % et est synonyme de plein-emploi.

Les perspectives sont donc sombres, car la croissance reste modeste et, de surcroît, va bientôt fléchir. Il y a plus d’une chance sur deux pour qu’une nouvelle crise économique éclate en 2019, faisant bondir le chômage bien au-delà des 10 % actuels.

Et que dire des migrantophiles qui veulent accueillir tous ceux qui veulent venir en France et dont la politique est actuellement appliquée, puisque 90 % des clandestins finissent par être régularisés ? On introduit, par an, 100.000 jeunes adultes, le plus souvent peu qualifiés et ayant des difficultés à s’exprimer en français. Ils sont malheureusement promis (pour 30 % ? 40 % ? 50 % ? Plus ?) à un chômage total qui va durer les quarante ans de leur vie active, où ils ne percevront que le RSA. C’est une aberration économique (mais les motivations des migrantophiles sont purement humanitaires).

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