Opération Douce France

Douce France : la course landaise

Son blog
 

Chez les Gascons, ceux du Tursan, de la Chalosse, de l’Armagnac et de la vallée de l’Adour, quand « on va à la course », c’est que l’on va assister à une course landaise. Ce jeu taurin est pratiqué de mars à octobre, surtout l’été, lors des fêtes communales des villages landais : dans une arène, sous l’œil des « tauromaches » (le public), des coursayres (les toreros) défient des « coursières », des vaches de combat venues des ganaderías. Il n’y a pas de mise à mort, et les cornes des vaches sont « emboulées – recouvertes d’un tampon qui atténue les chocs.

La course consiste, pour les coursayres, à esquiver l’assaut de la vache, que l’on aura d’abord hélée ; une corde, liée aux cornes, est tenue par les coursayres, qui orientent la bête, les ditouns aux doigts, pour que la corde ne les brûle pas. Il y a deux types de coursayres : les « écarteurs », en pantalon blanc et boléro pailleté d’or ou d’argent, qui, après un « saut d’appel » pour provoquer la vache, la faire « fuler », évitent la charge en réalisant un « écart » : ils pivotent d’un quart de tour sur eux-mêmes, pour que la coursière passe au creux de leurs reins cambrés ; et les « sauteurs », qui passent, avec ou sans élan, au-dessus de la vache.

Les premiers peuvent écarter « en dehors », du côté opposé à la corde, où ils sont protégés par le travail du cordier ; ou « en dedans », du côté de la corde, donc sans la sécurité du coursayre – cet écart plus dangereux est mieux noté pendant les compétitions ; ils peuvent aussi écarter, à leur demande, « corde à terre », ou encore affronter des vaches « sans corde ». Il y a « l’écart sur la feinte », où le coursayre attend la vache, les bras croisés, et « feinte » en poussant la coursière à frapper du côté opposé à celui où, cambré, il va pivoter sur lui-même ; et « l’écart sur le saut », où, au dernier moment, l’écarteur fait un saut à pieds joints, et tourne juste avant d’être chargé.

Les sauteurs, en chemise et pantalon blancs, ceinture et cravate de couleur, exécutent des sauts sans élan : les pieds joints, ou pris dans un béret, ou encore les jambes liées ; ou bien des sauts avec élan : « à la course », périlleux ou périlleux vrillé, à moins qu’ils ne choisissent le saut de l’ange, où ils s’élèvent, les bras en croix, et retombent en roulant.

Les entraîneurs placent la coursière face aux coursayres ; et les « seconds », placés derrière les coursayres, eux-mêmes postés au centre de l’arène, hèlent la coursière, et retiennent son attention après l’écart ou le saut.
Les coursayres sont, pendant la course, évalués par le jury, en fonction de la qualité de leurs écarts ou de leurs sauts. Le débisaïre, l’animateur de la course, présente au micro la cuadrilla et les coursières, commente le déroulement de la course et annonce les primes offertes aux toreros par l’afición. À la fin de chaque course, le jury donne les résultats de chaque coursayre et le pointage des vaches, grâce à quoi seront calculés les résultats des cuadrillas.

Enfin, la course commence et se termine par le défilé des coursayres, le paseo, au son de la « Marche cazérienne », du nom du village où vécut le docteur Élie Moringlane, le dédicataire de cet air joué par une harmonie – une banda.

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