Comment un étudiant en médecine choisit-il sa spécialité ?

Médecin
 

Comme chaque année, les étudiants en médecine en fin de sixième année ont choisi leur affectation pour effectuer leurs années d’internat, après passage des épreuves nationales classantes. Ce qui veut dire que le mieux noté choisit la spécialité qu’il veut, dans le service qu’il souhaite et dans la ville qui lui plaît. Et que les derniers prennent ce qui reste… Les autorités tentent bien d’adapter le nombre de postes aux besoins estimés de la population dans chaque spécialité, mais on ne ferme ni n’ouvre un service hospitalier qualifiant sur un claquement de doigts.

De nombreuses études ont tenté de savoir en fonction de quels critères les étudiants choisissaient une spécialisation plutôt qu’une autre, étant entendu que, désormais, la médecine générale est également une spécialité. Les féministes médiatiques seront déçues, car ce choix reste largement « genré », comme elles disent. Ainsi, les étudiantes sont plus attirées par la gynécologie-obstétrique ou la pédiatrie (on leur a offert des poupées quand elles étaient petites !) et par la dermatologie, toutes spécialités dont on remarquera qu’elles sont très « tactiles ». Ce qui n’empêche pas certaines de partir à la conquête de voies classiquement considérées comme masculines, chirurgicales par exemple (au risque de détourner d’elles les hommes trop impressionnés par une telle activité). Les garçons sont plus spontanément attirés par la neurochirurgie, la chirurgie générale, la médecine nucléaire ou la cardiologie. La radiologie est la discipline médicale la plus masculine, et ici l’évitement du contact corporel est manifeste.

Les enquêtes montrent aussi l’attrait de certain(e)s pour les techniques de pointe, les travaux de recherche et l’enseignement. D’autres préfèrent considérer le patient comme un tout fonctionnel, un individu au sein de sa famille, avec les implications psychosociales que cela entend. Ainsi, la médecine générale (57 heures de travail hebdomadaire en moyenne) est loin d’être toujours un choix par défaut chez les étudiants, même si c’est celle où il reste toujours le plus de postes à pourvoir.

Le prestige d’une spécialité et les hauts revenus escomptés entrent également en ligne de compte : les postes de chirurgie plastique ont été, cette année, les plus rapidement pourvus, mais il est vrai que le nombre de places était très restreint. Et puis certains se complaisent dans l’atmosphère des urgences quand d’autres les abhorrent.

Ainsi, le choix de carrière des étudiants est surtout lié aux caractéristiques qu’ils attribuent à leur future profession, et à la perception qu’ils ont d’eux-mêmes dans le monde du travail.

Enfin, que choisir quand le dernier poste de la spécialité que vous visez est à la Timone (Marseille), mais que votre épouse vient d’être titularisée à Tourcoing ?

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