« Je ne confonds pas l’Europe comme berceau de notre histoire et la bureaucratie hors-sol de Bruxelles ! »

Vous avez défendu le drapeau européen à la tribune de l’Assemblée nationale. Au point de troubler un certain nombre de vos amis…

Je me demande bien pourquoi. J’ai redit mon attachement viscéral à notre drapeau tricolore. J’ai redit ma foi dans notre patrie – expliquant que les nations étaient « la chair même de l’Europe ». J’ai réaffirmé le caractère judéo-chrétien de notre continent. Que voulez-vous de plus ? Que j’appelle à brûler la bannière européenne en place publique ? Une bannière, je l’ai également rappelé à la tribune, « bleue comme la robe de la Sainte Vierge », me faisant conspuer par Jean-Luc Mélenchon. Mais il y a toujours plus royaliste que le roi…

Mais le drapeau européen est aujourd’hui l’emblème, le symbole de Bruxelles et de toutes ses dérives…

Décidément, vous ne m’avez pas écoutée ! J’ai appelé à abolir « le règne des bureaucrates tatillons, des technocrates véritables colins froids, des commissaires non élus qui veulent régenter jusqu’aux détails de nos vies ». Cela ne vous suffit pas ? Mais c’est vrai que je crois en une Europe européenne. En une Europe qui pourrait demain – si nous savons la changer – être une terre de liberté où chaque nation serait respectée pour sa singularité, son génie propre. J’ai d’ailleurs ajouté que j’étais fière d’appartenir à une civilisation « qui a su attirer les talents, accueillir les réprouvés, répondre aux appels des déshérités ».

Alors pourquoi ce trouble chez certains pourtant très proches de vous ?

Mais parce qu’ils raisonnent comme l’extrême gauche ! Les amis de Mélenchon tapent d’autant plus fort sur l’Europe qu’ils peuvent ainsi s’exonérer des responsabilités qui ont été les leurs – je vous rappelle que le leader de La France insoumise fut un apparatchik socialiste pendant de longues années. Vous pensez vraiment que si l’école va mal, si la famille est menacée, si l’islam radical est en pleine expansion, c’est la faute exclusive de Bruxelles ? Mais bien sûr que non ! C’est d’abord et avant tout de la faute de nos politiques, de droite comme de gauche. Ce sont eux qui en portent la responsabilité. Bruxelles a bon dos. C’est un peu facile de se dédouaner à si bon compte…

Mais l’Europe est coresponsable de ces fiascos !

Pas l’Europe mais les institutions européennes. Ce n’est pas la même chose. Je ne confonds pas l’Europe comme berceau de notre histoire, de notre culture, de nos modes de vie, et une bureaucratie hors-sol comme ivre de son propre pouvoir. Mais, c’est vrai, j’ai des désaccords avec une partie de nos amis politiques. Je suis opposée à la sortie de l’euro. Je pense même que c’est en partie en raison de leur discours anti-européen à tous crins que nous avons perdu la dernière élection présidentielle. Ils en sont d’ailleurs si conscients qu’ils préfèrent maintenant renvoyer cette sortie de l’euro aux calendes grecques… Mais il est un peu tard.

Tout cela ne serait donc qu’une polémique dans un verre d’eau ?

Je crois que nous avons mieux à faire que de nous chercher des poux dans la tête. Nous avons besoin – je le redis une nouvelle fois – de réaliser cette union des droites sans laquelle jamais nous ne gagnerons. Nous avons des divergences sur l’Europe, c’est incontestable. Nous pouvons en parler sans nous jeter des insultes au visage, sans dénoncer celui qui pense différemment de vous comme un traître. Je n’ai envie d’excommunier personne. Je ne veux pas ressembler à certains des députés que je croise et qui me lancent des regards haineux. Ne leur ressemblons pas !

Alors, droite dans vos bottes ?

Bien sûr. Sur la façade de l’hôtel de ville de Béziers flottent, côte à côte, les drapeaux français et européen. Vous croyez sérieusement que c’est un problème ? Je ne le pense pas. En revanche, que dans ce même hôtel de ville on veuille interdire l’installation de la crèche de Noël me semble autrement préoccupant. Chacun ses priorités. La mienne est de défendre nos racines chrétiennes qui sont celles de la France… et de l’Europe.

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