Editoriaux - Industrie - Santé - 18 mai 2018

Nikki Haley ose tout. C’est à ça qu’on la reconnaît !

Donc, le 15 mai, Nikki Haley a encore fait parler d’elle à l’ONU en quittant la salle au moment où son homologue palestinien, Riyad H. Mansour, prenait la parole lors de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la récente insurrection meurtrière de Gaza. Elle se positionnait ainsi comme la très probable candidate aux prochaines élections présidentielles de 2020. L’intransigeante madame Haley a donc intelligemment lancé son appel de fonds pour sa prochaine campagne.

Aux États-Unis, pour se faire élire quand on n’est pas Trump, il faut trouver de l’argent qui provient essentiellement de cinq sources : le complexe militaro-industriel, certains propriétaires de casinos qui déploient un indéfectible soutien à Israël (ainsi du puissant Sheldon Adelson, qui a « fait » bien des leaders républicains), la NRA, le lobby de la santé (laboratoires pharmaceutiques, compagnies d’assurance, hôpitaux privés) et l’incontournable galaxie des fondations caritatives pro-frontières ouvertes de monsieur Soros. Sans oublier, pour faire bonne mesure, les groupes du Golfe et les Saoudiens qui trouvent des moyens indirects pour faciliter les choses. À ces lobbies s’ajoutent les très motivés « chrétiens sionistes », qui entraînent une immense sympathie envers la cause israélienne dans l’ensemble des communautés chrétiennes.

Tout cet ensemble permet donc de « définir » qui sont les bons ou les mauvais musulmans. Les chiites sont les mauvais. Les Palestiniens, bien que sunnites, sont également mauvais parce qu’ils sont censés manger à la fois au râtelier des pays du Golfe et à celui de Téhéran. Les Turcs, énigme enrobée de mystère, ne sont pas très bons. Restent les Saoudiens, et les Pakistanais, qui sont des gens charmants.

Or, certains irréductibles de l’élite républicaine veulent faire chuter Trump aux primaires de 2019. Nikki Haley devient leur Hillary Clinton de substitution. Il y a donc bien césure entre Trump et celle dont l’essayiste à scandale Michael Wolff disait, en janvier (faussement), qu’elle était la maîtresse du président.

Son premier accrochage avec Trump a eu lieu immédiatement après les bombardements du 14 avril en Syrie, lorsque Haley « tonitrua » le dimanche que seraient immédiatement mises en place des sanctions contre la Syrie, l’Iran et leurs facilitateurs. Le lundi, Haley fut sèchement contredite par la Maison-Blanche, par la voix du conseiller économique de Trump, Larry Kudlow, qui estimait que l’ambassadrice était dans un état de « confusion ». Point de confusion, répliqua-t-elle ! Et pour cause : tous les néoconservateurs s’attendaient effectivement à ce que ce bombardement sans conséquence serve de tremplin à un énième resserrage d’écrou financier et commercial visant Européens, Chinois, Russes et d’autres pays. Apparemment, Trump avait changé d’avis.

Le deuxième accrochage est survenu le 6 mai dernier, au beau milieu de la contre-insurrection médiatico-juridique menée non sans succès par le dernier carré des trumpistes contre le procureur Mueller (Trump cherche à mettre fin au mandat de Mueller en commençant par le discréditer massivement). Très remarquée lors d’une interview dominicale, la russophobe Nikki Haley a fait officiellement sécession, déclarant à la chaîne CBS « qu’il ne fallait pas que Trump mette fin au mandat du procureur Mueller » et qu’elle ne défendait pas « le style de communication du président ». Dont acte.

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