Le Premier ministre en mission (de réconciliation ?) chez les militaires

Ancien pilote de chasse
 

Alors que le Président concentre actuellement ses déplacements offensifs sur une nouvelle Europe qu’il veut générer, le Premier ministre se voit apparemment confier la tâche de réconcilier l’exécutif avec la gent militaire. Partage des tâches, supranationale déterminée pour le premier, domestique et régalienne pour le second.

Il est vrai que nos Présidents précédents se sont toujours valorisés dans les interventions et relations internationales – à l’exception, toutefois, et rétrospectivement, de l’épisode Kadhafi-, les politiques hexagonales ingrates et tumultueuses mises en œuvre faisant régulièrement mentir les promesses de campagne tout en alimentant les déceptions et grogne d’une majorité de citoyens !

Après les épisodes Soubelet (phase hollandaise) puis de Villiers (autoritarisme macronien), qui sanctionnaient deux généraux pour compte rendu argumenté de mauvaises mais véritables situations, l’ambiance et l’humeur au sein des armées et cercles d’anciens était plutôt amère. Le grappillage du budget en cours selon la tradition, en pleines opérations extérieures et Sentinelle, a constitué l’ultime poil à gratter.

Il y a quinze jours, dans ces lignes, un collectif de onze étoilés à la retraite s’exprimait pour dénoncer le refus fait aux militaires, experts incontestables en matière de défense et de sécurité, de s’exprimer comme toutes les autres corporations. Je note, cependant, que ce « commando » contestataire comprenait des généraux de l’armée de l’Air (chef de file), de Terre et de la Gendarmerie, mais point d’amiraux ?

Est-ce pour cette raison de subreptice rétorsion, mais télécommandée de l’Élysée, que le Premier ministre se déplace chez les marins à Toulon, pour sa première visite, plutôt que dans une unité – ou école – des autres armes qui sont pourtant « au charbon » sans discontinuer sur les théâtres d’opérations extérieurs ?

Car visiter un porte-avions inerte et en partie décortiqué n’est guère médiatiquement valorisant, sauf à réaffirmer depuis le pont d’envol en QGO technique (code connu des opérationnels) le rôle indéniable de cet instrument de puissance et de présence sur toutes les mers, en dépit de ses intermittences fréquentes et longues. Et justement d’annoncer, peut-être, l’intention, les budgets de défense se revalorisant enfin sous sa houlette, de lui adjoindre un second pour assurer la permanence de cette grande mission diplomatico-militaire, indispensable à la responsabilité mondiale de la France, réaffirmée par son Président à toutes les tribunes internationales.

Demain nous le dira…

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