Le Service national universel : au mieux, une colonie de vacances !

Macron l’avait promis : s’il était élu, il rétablirait le service militaire obligatoire pour inculquer à une certaine jeunesse en déroute l’amour de la nation. Sauf que les casernes ont été fermées, que l’armée n’a pas un sou, que la dette est abyssale et que les jeunes en question ont moins d’amour pour la nation que pour Beyoncé ou Kanye West.

Un groupe de travail piloté par le général Daniel Ménaouine a néanmoins été chargé de réfléchir à la mise en œuvre du « service national universel ». Le résultat de ces cogitations serait « l’instauration d’une période de “brassage” en internat – et non en casernes –, consacrée à l’apprentissage des gestes de premiers secours et à des activités sportives ». Durée un mois, obligatoire pour toute une classe d’âge, à partir de 16 ans.

Pardon, général, mais ça ressemble à s’y méprendre à une colonie de vacances ! Certes gratuite et obligatoire, avec des copains qu’on n’a pas choisis, mais c’est tout.
Oublié, le militaire. Hors de question, par exemple, de les initier au maniement des armes. Notez, c’est mieux comme ça, étant donné que ceux auxquels on pense s’y initient souvent tout seuls.

Sur BFM TV, Christophe Barbier s’interroge : « C’est une bonne idée sur le principe. C’est vrai que le creuset républicain ne fonctionne pas. Mais un service pour faire quoi ? Enseigner les valeurs, perpétuer l’instruction civique, d’accord, mais il faudrait aussi rendre ce service civil utile, que tous ces jeunes aillent sur le terrain. Or, on n’a pas cette ambition-là. » Pas l’ambition, et encore moins les moyens, sachant qu’on évalue la récréation en question entre 2,4 et 3,1 milliards d’euros par an. Une bagatelle.

L’État jure que ce ne sera pas imputé sur le budget de la Défense, déjà réduit à la portion congrue. Qui va payer, alors : l’Éducation nationale, peut-être ? Ou la Jeunesse et les Sports ?

Et où va-t-on les mettre, tous ces jeunes gens : dans les lycées et collèges ?

Le rapporteur du budget de la Défense se désole : « Certes, la société se fracture et les différences entre les classes s’accentuent. Mais ce n’est pas en mélangeant des jeunes d’horizons différents pendant un mois dans un internat que l’on va favoriser la cohésion sociale », dit-il. Et l’expérience de nos voisins belges, si elle fait ricaner la presse, est riche d’enseignements.

C’est que nos amis, obligés de constater la débandade des jeunes engagés, envisagent des mesures surprenantes. Une « adaptation » à la vie moderne, disent les militaires : « L’armée veut inclure davantage de soirées libres lors desquelles la recrue peut quitter la caserne. Les jeunes sont actuellement encore attendus le dimanche soir ou le lundi matin au plus tard devant la porte de la caserne et ne peuvent la quitter avant le vendredi », dit l’officier de presse au Het Nieuwsblad. « Nous cherchons également à prolonger le temps libre du week-end en concentrant davantage les moments des leçons. L’armée étudie même si le régime d’internat peut être assoupli ou même levé. »

Il paraît qu’un sondage auprès de ces soldats révèle que ce qui leur manque le plus, ce sont les réseaux sociaux. Ce qui me rappelle une conversation avec un instructeur des chasseurs alpins, me racontant que les jeunes ne supportaient pas de partir en entraînement sans leur portable. Pas plus que les mères téléphonant le soir à la caserne ne comprenaient pourquoi on ne leur passait pas l’enfant chéri…

Alors, les Anglais ricanent : « Les cadets belges sont des fils à maman », écrit The Telegraph ; aux USA aussi, où le New York Times titre : « Join the Army and Sleep at Home » (Rejoignez l’armée et dormez à la maison).

« On ne part pas en guerre avec des hommes à qui leur maman manque », dit un vétéran belge. Mais qui, aujourd’hui, entre encore dans l’armée en pensant qu’il ira faire la guerre ? Il n’y a que les politiques comme Hollande pour galvauder ce mot-là.

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