Editoriaux - 20 avril 2018

Toulouse : l’embrasement du Mirail s’étend à d’autres villes de la région

Le feu couvait. Il prend. À Toulouse, bien sûr, où l’on en est à la quatrième nuit d’émeutes ou de violences urbaines : voitures brûlées, police prise pour cible par des caillassages. Jusque-là, on se dit : bon, c’est le Mirail. Après tout, les premières émeutes, c’était il y a vingt ans. Pas étonnant que ça prenne cette dimension. Et puis, mercredi, préfecture et mairie nous disaient que la situation était « sous contrôle ». Sauf que, dans la nuit de mercredi à jeudi, des émeutiers ont remis ça : selon une source policière, une quinzaine de voitures auraient encore été brûlées, et plusieurs personnes arrêtées. Le maire de Toulouse, M. Moudenc, s’est sans doute réjoui un peu vite, dans Le Point.

Mais l’onde semble désormais dépasser quelques barres d’immeuble d’un quartier sensible de Toulouse. En effet, depuis quelques jours, on dénombre le même type de violences urbaines dans des villes plus petites de la région. À Agen, dans les quartiers Montanou et Rodrigues, un bus a été caillassé, une voiture brûlée et des conteneurs poubelle incendiés. À Auch aussi, dans le Gers, des conteneurs ont également été incendiés. Il faut dire que ces préfectures des départements limitrophes de la Haute-Garonne constituent le réseau secondaire des trafics toulousains.

Mais on a aussi constaté que le feu se propageait à des villes plus petites encore. Et à petite ville, petit feu. Mercredi soir, à Villeneuve-sur-Lot, près de l’ancien hôtel de ville, tout près de la sous-préfecture et de la rue des Cieutats, un matelas a été incendié. Petit feu sans gravité, certes. Mais dans un quartier qui a vu, cet hiver, une dizaine de voitures incendiées. Et ce n’était pas un incendie accidentel car une grande inscription hostile à la police était taguée sur un rideau de fer voisin. Il est vrai que, tous les soirs, cette rue est « tenue » par de jeunes trafiquants en liaison avec leurs collègues du Mirail.

Ce petit « acte d’incivilité » a été commis quasiment en face de la permanence du député LREM de la circonscription, M. Damaisin. Quand il l’a inaugurée, il expliquait son choix par « une réelle volonté d’installer ma permanence en plein cœur de ville ». Mais hier soir, sa petite ville avait elle aussi son petit incendie, comme au Mirail…

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